Barthez, absent 14 ans, entre dans le staff de Zidane

En dévoilant son encadrement, le nouveau sélectionneur a recopié son organigramme du Real Madrid et rappelé un champion du monde 98 écarté des Bleus depuis 2012.

Barthez, absent 14 ans, entre dans le staff de Zidane

La Fédération française de football a rendu public jeudi 13 août le staff de Zidane, et la liste raconte déjà une histoire : trois des hommes qui l'accompagnaient au Real Madrid le suivent chez les Bleus. À côté d'eux figure un nom que personne n'attendait à ce poste, Fabien Barthez, nommé entraîneur des gardiens de but.

Barthez a 55 ans et 87 sélections. Il a soulevé la Coupe du monde 1998 aux côtés de Zinédine Zidane, joué à Toulouse, Monaco et Marseille, puis travaillé auprès des Bleus comme consultant sous Raymond Domenech et Laurent Blanc. Après 2012, Didier Deschamps ne l'a jamais rappelé. Quatorze ans plus tard, son ancien coéquipier lui rouvre la porte du vestiaire.

Le détail n'a rien d'anecdotique. Zidane n'a entraîné qu'un seul club dans sa carrière, le Real Madrid, en deux mandats (2016-2018 puis 2019-2021). En prenant ses fonctions le 1er août, avec un contrat de quatre ans qui court jusqu'au Mondial 2030, il découvre un métier très différent : une dizaine de rassemblements par an, aucun entraînement quotidien, et un premier match le 25 septembre en Turquie.

Qui compose le staff de Zidane

L'organigramme publié par la fédération va du banc de touche à l'intendance. Le staff de Zidane tient en six noms sur le plan technique, auxquels s'ajoutent un encadrement médical dirigé par le médecin Hervé Collado — cinq kinésithérapeutes, un ostéopathe, un podologue — et une équipe logistique où figurent notamment Laurent Georges, Mohamed Sanhadji et Mustapha Khalef.

Les trois fidèles venus du Real Madrid

David Bettoni devient entraîneur adjoint, Hamidou Msaidie assistant, Grégory Dupont conseiller stratégie et performance. Tous les trois ont travaillé sous les ordres de Zidane à Madrid pendant ses deux passages sur le banc. C'est le bloc le plus révélateur de l'annonce : le sélectionneur n'a pas cherché des profils fédéraux, il a repris son équipe de club presque telle quelle.

Fabien Barthez, le gardien de 98 rappelé

Barthez s'occupera de l'entraînement spécifique des gardiens. Son expérience de technicien reste courte : un passage à Toulouse en 2020-2021, et pas grand-chose d'autre. Zidane mise donc moins sur une ligne de CV que sur une mémoire commune et sur l'autorité immédiate qu'un champion du monde exerce auprès de portiers qui ne l'ont vu jouer qu'en vidéo.

Vidéo, data et observation des adversaires

Stéphane Plancque occupe le poste d'observateur, chargé de scruter les futurs adversaires. Farid Tabet prend l'analyse vidéo et data, épaulé par Clément Ybert. Trois postes invisibles du grand public, mais une vraie cellule dédiée : signe que le travail réalisé avant le coup d'envoi pèse désormais autant que les séances menées à Clairefontaine.

Pourquoi son absence a duré si longtemps

Deschamps a dirigé les Bleus de 2012 à 2026 avec un encadrement resserré et très stable, qui laissait peu de places à prendre. Barthez, lui, avait eu un rôle de consultant sous deux sélectionneurs successifs, Domenech puis Blanc. Le changement de mandature de 2012 l'a sorti du circuit, et il n'y est plus jamais rentré, jusqu'à jeudi.

Ce type de retour a une valeur symbolique forte dans un groupe. Barthez appartient à la génération 1998, celle qui reste la référence absolue pour le public français. Le rappeler, c'est aussi une façon pour Zidane de rappeler d'où il vient, au moment précis où il succède à un autre champion du monde de cette même équipe.

Barthez, absent 14 ans, entre dans le staff de Zidane

Un staff de club transposé aux Bleus : le pari

Sélectionner n'est pas entraîner. Un sélectionneur voit ses joueurs une dizaine de fois par an, souvent fatigués, sans vraie fenêtre de préparation physique. Le pari du staff de Zidane, c'est que la confiance vaut mieux que l'expertise fédérale : avec Bettoni, Msaidie et Dupont, rien à réexpliquer, personne à tester. Le risque, c'est un groupe trop homogène, sans contradiction interne.

La comparaison avec 2012 éclaire la situation. Quand Deschamps est arrivé, il devait d'abord réparer un vestiaire abîmé. Zidane, lui, récupère une sélection qui vient de terminer quatrième d'une Coupe du monde, après un titre en 2018 et une finale en 2022. Le chantier n'est pas moral, il est purement sportif — et l'attente sera immédiate.

Le premier test : la Turquie le 25 septembre

Les Bleus se retrouveront à Clairefontaine en septembre pour le premier rassemblement de l'ère Zidane, avant un déplacement à Kocaeli le 25 septembre, en Ligue des nations. Le tirage n'a rien de tendre : dans le groupe 1 de la Ligue A, la France croisera aussi l'Italie et la Belgique, avec les matchs retour programmés à l'automne.

Pour le spectateur, la première vraie lecture du staff de Zidane se fera là, sur des détails : qui parle au bord de la touche, quel gardien démarre, à quelle vitesse l'équipe change de forme en cours de rencontre. Un encadrement ne se juge pas sur un organigramme, il se juge sur ce qu'il corrige entre la 60e et la 75e minute.

Ce qu'il faut surveiller d'ici septembre

Deux questions restent ouvertes : la hiérarchie des gardiens, que Barthez devra installer très vite, et la première liste, acte politique de tout nouveau sélectionneur. Gardez un œil sur l'annonce du groupe, quelques jours avant le déplacement en Turquie. C'est là que Zidane dira réellement ce qu'il veut faire des Bleus, bien plus que dans un communiqué fédéral.