Billie Chedid a ouvert pour Vanessa Paradis, puis l'a contredite
La fille de Matthieu Chedid assume publiquement son statut de « nepo baby » et prend le contre-pied de la chanteuse dont elle chauffait la scène en juin.
Billie Chedid, 24 ans, fille de Matthieu Chedid, a choisi la mi-août pour dire tout haut ce que très peu d'enfants d'artistes assument : oui, elle est une « nepo baby », et non, elle ne veut pas qu'on la plaigne. Dans un entretien accordé à RFI, elle résume sa position en une phrase qui a fait le tour des réseaux : elle arrive avec un public qui la connaît déjà, mais qui la connaît à travers quelque chose qui n'est pas vraiment elle.
Derrière la formule, il y a un calendrier très concret. Son deuxième EP, « à ce que les autres pensent de moi », est sorti le 1er mai 2026, le jour de ses 24 ans, seize mois après « j'avance », paru le 24 janvier 2025. Entre les deux, sept singles depuis 2024, une signature chez le label Voie 17 et un premier disque en vinyle.
Ce qui rend la séquence savoureuse, c'est l'ordre des événements. Le 9 juin, elle assurait la première partie de Vanessa Paradis aux Nuits de Fourvière, à Lyon. Deux semaines plus tard, Paradis expliquait sur le plateau de C à vous que le statut d'enfant de star relevait plutôt du handicap. Mi-août, la chanteuse qui avait chauffé sa salle a dit exactement l'inverse.
Pourquoi Billie Chedid assume le mot « nepo baby »
Sa position tient en deux temps. D'abord l'aveu, sans contorsion : être une nepo baby, c'est la vérité, elle l'assume, elle a pleinement conscience de son privilège, de son héritage culturel et de sa chance. Ensuite la nuance, qui est le vrai sujet de l'interview : la notoriété héritée ouvre la porte, elle ne remplit pas les salles douze mois plus tard.
« C'est certain que j'arrive dans le métier avec une base de gens qui me connaissent. Mais on ne me connaît qu'à travers quelque chose qui n'est pas vraiment moi. J'ai tout à prouver, et surtout montrer que j'ai ma place. »
Elle ajoute que durer, tenir la distance et faire fructifier tout ça ne dépend que d'elle. C'est une manière élégante de désamorcer la critique avant qu'elle n'arrive : personne ne pourra lui reprocher de ne pas voir l'échelle sur laquelle elle est montée.
Le désaccord avec Vanessa Paradis, en clair
Paradis parlait depuis l'autre bout de la chaîne, celle des parents célèbres. Son argument : les portes s'ouvrent, mais il faut ensuite abattre le même travail que tout le monde, et sans doute davantage. La réponse de Billie, rapportée par PureBreak le 15 août, refuse ce cadrage : quand on parle à leur place pour dire que c'est plus dur pour eux, c'est faux, parce que beaucoup de choses leur sont accessibles.
Le débat n'est pas anecdotique dans la musique française, où les dynasties sont nombreuses et où le mot « nepo baby », importé des États-Unis, s'est installé en trois ans dans le vocabulaire courant. Rares sont les concernés qui tranchent aussi nettement en faveur des sceptiques.
D'où vient vraiment sa musique
Réduire son parcours à un nom de famille passe à côté d'une trajectoire assez classique de musicienne de studio devenue autrice. Trois étapes la résument.
Les chœurs sur les albums de son père
Elle chante sur huit titres de « Lettre infinie », l'album de -M- paru en 2019, après avoir déjà participé aux chœurs de « Hey, Hey » pour la bande originale du film « Telle mère, telle fille » en 2017. Une entrée par la petite porte technique, pas par le micro central.
Deux ans d'école de jazz à Paris
De 2020 à 2022, elle suit l'American School of Modern Music, à Paris : jazz, harmonie, composition. C'est le détail que les portraits oublient le plus souvent, alors qu'il explique la solidité des arrangements de ses deux EP mieux que n'importe quel arbre généalogique.
Un son plus proche de Joy Division que de -M-
Dream pop, post-punk, chanson française : le mélange revendiqué cite les Cocteau Twins, Joy Division, le Velvet Underground et Françoise Hardy. Autrement dit, tout sauf le funk-rock guitare en avant qui a fait la signature paternelle. Sur les plateformes, elle se présente d'ailleurs sous un simple prénom, en minuscules.
De Bercy à 15 ans aux clubs à 24 ans
Le contraste vaut le détour. En décembre 2017, adolescente, elle montait sur la scène de l'Accor Arena avec son père, puis foulait le tapis de Cannes en mai 2018. Huit ans plus tard, elle joue dans des salles de quelques centaines de places, sous son propre nom. Peu de carrières commencent par le plus grand plateau du pays pour redescendre volontairement d'un cran.
Où l'entendre d'ici la fin de l'année
Après les Nuits de Fourvière et les Francofolies de La Rochelle cet été, une tournée d'automne est annoncée dans plusieurs villes francophones, avec une date parisienne en point d'orgue.
- Annecy, Lille, Strasbourg et Metz
- Bruxelles
- Paris, La Maroquinerie, le 27 novembre
Si vous voulez juger sur pièces plutôt que sur patronyme, la date de La Maroquinerie est le bon test : une salle de club, un public qui n'est pas venu par obligation familiale, et un deuxième EP à défendre en entier. Surveillez la mise en vente des billets, ce format se remplit vite quand un nom circule. Et écoutez « à ce que les autres pensent de moi » avant d'y aller : le titre, lui, dit déjà tout.
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