Marchand, roi du 4 nages, en terrain neuf sur 400 m nage libre

Privé de 400 m 4 nages par une blessure à la cuisse, le quadruple champion olympique clôt ses championnats d'Europe sur une distance qu'il n'a jamais disputée en finale internationale.

Marchand, roi du 4 nages, en terrain neuf sur 400 m nage libre

Léon Marchand boucle ses championnats d'Europe ce dimanche 16 août par un 400 m nage libre qu'il n'avait encore jamais disputé en finale d'un grand rendez-vous international. La bizarrerie de la journée tient en une phrase : le nageur qui détient le record du monde du 400 m 4 nages ne nagera pas le 400 m 4 nages à Saint-Denis. Il a rayé sa course reine du programme avant même le début de la semaine.

La raison est banale et cruelle. Une blessure à la cuisse contractée pendant les championnats de France l'a obligé à réduire la voilure : deux courses individuelles au lieu du menu copieux auquel il nous a habitués. Le 200 m papillon, gagné samedi soir. Et ce 400 m nage libre, une distance de demi-fond où il arrive sans les repères qu'il possède ailleurs.

Pour le public français, c'est aussi la dernière fenêtre pour garnir le compteur. Au soir du 15 août, la France comptait 13 médailles — 3 en or, 6 en argent, 4 en bronze — et pointait au septième rang d'un classement dominé par l'Italie et la Grande-Bretagne. Les séries du matin démarrent à 9h30, la finale est programmée à 19h21.

Le titre qui a débloqué sa semaine

Samedi, Marchand a décroché l'or du 200 m papillon en 1'51''72, très loin devant le Hongrois Richard Marton. C'est son premier titre européen, ce qui a de quoi surprendre pour un quadruple champion olympique : sa carrière s'est construite sur les Mondiaux et les Jeux, jamais sur ce championnat continental qu'il avait jusqu'ici zappé. Il y avait déjà ajouté une première médaille en relais en début de semaine, aux côtés de Pierre Largeron, Sauveur Christofini et Roman Fuchs.

Pourquoi ce 400 m nage libre est un vrai pari

Un nageur de 4 nages qui se présente sur le sprint long du crawl, ce n'est pas un simple changement de maillot. C'est un autre métier, avec d'autres codes de course et d'autres spécialistes en face. Marchand s'est qualifié pour la finale, mais il y entre en candidat, pas en favori — et c'est précisément ce qui rend la soirée intéressante.

Une cuisse qui a tout réorganisé

Le 400 m 4 nages exige une jambe de brasse explosive et un virage papillon coûteux. Avec une cuisse fragilisée, le maintenir aurait été un pari absurde à trois ans des Jeux de Los Angeles. Le crawl, lui, sollicite beaucoup moins les jambes : c'est la course la moins risquée qu'il pouvait choisir pour rester en compétition sans aggraver quoi que ce soit.

Une distance qu'il ne court presque jamais

À Paris en 2024, Marchand avait été sacré sur le 400 m 4 nages en 4'02''95. Le 400 m crawl, lui, ne figure pas à son palmarès international. Il a testé le format ces derniers mois, notamment sur les meetings américains, mais un tour de chauffe et une finale continentale devant un bassin plein, ce n'est pas la même température.

Ce que ça dit de la suite

Eurosport parle d'un possible tournant, et c'est l'hypothèse la plus crédible : élargir son répertoire vers le nage libre lui ouvrirait des relais et une seconde vie sportive si le 4 nages devient trop coûteux physiquement. Ce dimanche n'est donc pas seulement une course. C'est un test grandeur nature, payé en public.

Marchand, roi du 4 nages, en terrain neuf sur 400 m nage libre

La nage qui a fait le plus de bruit cette semaine

Si l'on juge à la performance brute, la course la plus marquante de ces championnats n'est pas signée Marchand. Mary-Ambre Moluh a gagné le 100 m dos en 57''94, un record d'Europe doublé du record des championnats, en devançant la Néerlandaise Marrit Steenbergen. Pauline Mahieu a complété un doublé français avec le bronze en 58''77, avant d'ajouter un second bronze sur 200 m dos.

Où en est vraiment la France au classement

Trois titres, c'est peu au regard du nombre de finalistes tricolores, et six médailles d'argent racontent une semaine de podiums manqués d'un souffle. Maxime Grousset en est le symbole : deux fois deuxième en papillon, en 49''70 sur 100 m et 22''54 sur 50 m. Le premier or français est venu du relais 4x100 m 4 nages mixte en 3'39''64, avec Moluh, Carl Aitkaci, Grousset et Marie Wattel.

Ces championnats réunissent 80 titres répartis sur cinq disciplines — bassin, natation artistique, plongeon, eau libre dans la Seine et high diving — ce qui relativise le classement général : les nations qui alignent des équipes complètes partout, comme l'Italie, accumulent mécaniquement. L'Italie affichait 38 médailles au 15 août, la Grande-Bretagne 24 avec autant de titres mais trois fois moins d'accessits.

Comment suivre la dernière soirée

Le programme du dimanche s'ouvre à 9h30 avec les séries et se referme en soirée par les finales, celle de Marchand à 19h21. C'est le moment de regarder ses 100 premiers mètres : s'il part au train des spécialistes et tient jusqu'au dernier virage, l'expérience est réussie, médaille ou pas. Deux ans après les Jeux, le bassin de Saint-Denis retrouve une soirée qui compte — et un champion qui, pour une fois, avance sans filet.