Cinq dixièmes ont sauvé Marchand sur le 400 m nage libre
Quatrième temps des séries et cinq dixièmes de marge : le Toulousain a frôlé l'élimination avant la dernière finale des championnats d'Europe, dans le bassin de ses quatre titres olympiques.
Léon Marchand s'est qualifié dimanche matin pour la finale du 400 m nage libre des championnats d'Europe, mais il est passé tout près de la sortie : deuxième de sa série en 3'45"85, il n'a décroché que le quatrième temps des qualifications, avec cinq dixièmes de seconde d'avance sur l'élimination. Le nageur toulousain a lui-même reconnu après la course qu'il avait eu un peu de chance.
La finale est programmée à 19h21 au Centre aquatique olympique de Saint-Denis, pour la dernière soirée d'un rendez-vous continental ouvert le 31 juillet. C'est exactement le même bassin que celui des Jeux de Paris 2024, celui où Marchand avait décroché quatre titres olympiques individuels en une semaine. Deux ans plus tard, il y revient en position d'outsider, sur une distance qui n'est pas la sienne.
Ce dimanche ne se résume pourtant pas à une affaire de vedette. L'équipe de France, qui alignait 26 nageurs et nageuses en bassin, a déjà rempli son armoire à médailles cette semaine, avec des titres et un record d'Europe signés par des athlètes bien moins médiatisées que lui. La dernière journée décidera de la place finale des Bleus au tableau, à domicile.
Ce qui s'est joué dans les séries du matin
Sept centièmes. C'est ce qui a séparé Marchand du Belge Lucas Henveaux, vainqueur de leur série, qui s'est offert le troisième chrono général. Derrière, le peloton était si dense que la marge du Français sur le neuvième, premier éliminé, s'est comptée en dixièmes. Dans un 400 m, où l'on passe huit fois au mur, c'est l'équivalent d'une brasse de retard. Un virage manqué le matin, et il n'y avait pas de finale le soir.
Pourquoi le 400 m nage libre n'est pas son terrain
Marchand est un spécialiste du quatre nages et du papillon. Le crawl pur sur huit longueurs relève d'une autre logique : pas de transition entre les nages, pas de plan de course à négocier, juste une gestion d'allure implacable contre des nageurs qui ne font que ça toute l'année.
Lukas Märtens, près de trois secondes devant sur le papier
L'Allemand est champion olympique en titre de la distance et détenteur du record du monde. Son chrono de référence de la saison, 3'41"76, place la barre presque trois secondes au-dessus du meilleur temps de Marchand cette année. À ce niveau, trois secondes sur 400 m, ce n'est pas un écart que l'on comble avec de la motivation : c'est une demi-longueur de bassin.
Un chrono classé onzième mondial cette année
Le 3'44"61 de Marchand ne figure qu'au onzième rang des performances mondiales de 2026. Sur un championnat continental, cela suffit pour viser un podium, pas pour partir favori. D'où l'intérêt du pari : une médaille dans cette épreuve vaudrait plus, en termes de trajectoire, qu'un titre supplémentaire dans une nage qu'il domine déjà.
Une semaine chargée avant le dernier plongeon
Il n'arrive pas frais. Marchand a déjà décroché son premier titre individuel de la semaine sur 200 m papillon en 1'51"72, et pris l'argent avec le relais 4x200 m nage libre en 7'02"23, un record de France. L'accumulation compte : sur 400 m, la fatigue se paie systématiquement dans les 100 derniers mètres.
Le bilan des Bleus avant la dernière soirée
Avant dimanche soir, la moisson française en bassin comprenait notamment :
- Mary-Ambre Moluh, en or sur 100 m dos en 57"94, avec le record d'Europe et des championnats à la clé, devant la Néerlandaise Marrit Steenbergen ;
- Mary-Ambre Moluh encore, en argent sur 50 m dos en 27"06 ;
- Maxime Grousset, deux fois deuxième, sur 50 m papillon (22"54) et sur 100 m papillon (49"70) ;
- Pauline Mahieu, en bronze sur 100 m dos (58"77) et sur 200 m dos (2'08"63) ;
- le relais mixte 4x100 m quatre nages, en or en 3'39"64.
Autrement dit, le dos féminin a rapporté à la France autant de médailles que sa star. C'est probablement l'enseignement le plus durable de la semaine.
Saint-Denis, deux ans après les Jeux olympiques
Ces championnats sont la 38e édition, organisée l'année du centenaire : la première remonte à Budapest, en 1926. Le programme complet regroupe cinq disciplines, dont l'eau libre et le plongeon de haut vol disputés dans la Seine, à Grenelle. Plus de 1 600 engagés y figuraient, dont 86 Russes et 44 Bélarusses sous statut neutre, World Aquatics ayant réintégré les deux fédérations en avril 2026.
À quelle heure regarder et quoi surveiller
La session des finales occupe la soirée, le 400 m à 19h21. Le vrai indicateur ne sera pas la médaille mais le passage aux 200 m : si Marchand tourne dans le sillage de Märtens sans surpayer, le pari est réussi, quelle que soit la couleur finale. S'il décroche avant, cela restera une expérimentation utile à trois ans des Jeux de Los Angeles.
Regardez aussi la ligne de Mary-Ambre Moluh et les relais de clôture, qui décideront du classement final des Bleus. Et si vous ne suivez qu'une course ce dimanche, prenez celle de 19h21 : c'est la seule de la semaine où le meilleur nageur français partira sans certitude.
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