Trois médailles, aucun titre individuel pour Maxime Grousset
Battu de 22 centièmes par Kristof Milak et son record d'Europe, le Français repart de Saint-Denis avec une troisième médaille en quatre jours, mais toujours sans couronne individuelle.
Maxime Grousset a touché le mur en deuxième position du 100 m papillon des championnats d'Europe de natation, jeudi 13 août au Centre aquatique olympique de Saint-Denis. Le Français a nagé en 49 sec 70. Devant lui, le Hongrois Kristof Milak a signé 49 sec 48, un nouveau record d'Europe. Vingt-deux centièmes séparent les deux hommes.
C'est la troisième médaille du Calédonien en quatre jours de compétition. Et pourtant, aucune n'est un titre individuel. Son or, il l'a décroché avec le relais 4x100 m 4 nages mixte. Ses deux autres podiums, sur 50 m et 100 m papillon, sont des médailles d'argent, la première manquée pour deux centièmes de seconde seulement.
Le détail vaut d'être posé, parce qu'il raconte la position exacte du nageur français aujourd'hui : champion du monde en titre sur la distance, capable de mener n'importe quelle finale continentale, mais encore battu quand un adversaire trouve la bonne fin de course. Deux ans avant les Jeux de Los Angeles, c'est précisément là que tout va se jouer.
Une course menée pendant 75 mètres
Le scénario a été le même que dans beaucoup de ses finales : un départ agressif, un premier 50 mètres avalé en tête, un virage pris avec de la marge. Grousset est un sprinteur avant d'être un papillonneur, et cette vitesse initiale reste son meilleur argument face à des spécialistes plus longs que lui.
Puis sont arrivés les 25 derniers mètres. Milak, champion olympique de l'épreuve, est revenu par l'extérieur du champ de vision, a repris le contrôle du rythme et a fini plus vite que tout le monde. À ce niveau, la différence ne se voit presque pas depuis les tribunes : 22 centièmes, à la vitesse d'un finaliste européen, représentent moins d'un demi-mètre d'écart au mur.
Ce que Maxime Grousset a déjà gagné cette semaine
Avant ce 100 m papillon, le nageur français avait déjà rempli deux fois son contrat à Saint-Denis. Sa semaine ressemble à un résumé de sa carrière : présent partout, redoutable sur les formats courts, systématiquement dans le dernier carré.
L'or du relais 4x100 m 4 nages mixte
Le premier titre européen de la délégation tricolore est venu de là. Mary-Ambre Moluh en dos, Carl Aitkaci en brasse, Grousset en papillon et Marie Wattel en nage libre : quatre nageurs, une seule course, et une médaille d'or qui a lancé la semaine des Bleus dans le bassin de Seine-Saint-Denis.
L'argent du 50 m papillon, à deux centièmes
Sur la distance la plus courte, la plus brutale, Grousset a échoué à deux centièmes de la première place. C'est l'équivalent d'environ quatre centimètres. Un doigt mal tendu, une respiration de trop dans les cinq derniers mètres, et le classement bascule. Cette médaille-là restera sans doute la plus frustrante de son séjour parisien.
Ce que valent vraiment ces écarts minuscules
Additionnées, ces deux courses tiennent dans un mouchoir : 0,02 seconde puis 0,22 seconde. Sur une saison, ce sont ces marges qui décident d'un contrat, d'une sélection, d'une prime. Elles ne se comblent pas avec plus de volume d'entraînement, mais avec du travail technique très ciblé — coulées, dernière respiration, cadence de bras sur les 15 derniers mètres.
Il faut aussi remettre l'adversaire à sa place. Milak n'est pas un simple rival continental : il est champion olympique de la discipline, et son chrono de jeudi le replace parmi les tout meilleurs papillonneurs de l'histoire. Perdre 22 centièmes contre cet homme-là, dans une finale, n'a rien d'un accident de parcours.
Une soirée à deux médailles pour les Bleus
La France n'a pas ramené qu'un podium ce soir-là. Mary-Ambre Moluh, déjà sacrée avec le relais mixte, a ajouté une médaille d'argent sur 50 m dos. Pauline Mahieu figure elle aussi parmi les médaillées tricolores de la semaine, et Léon Marchand fait partie de la sélection engagée dans ce bassin.
Le lieu n'est pas anodin pour le public français. Le Centre aquatique olympique de Saint-Denis a été construit pour Paris 2024, mais les épreuves de natation des Jeux, elles, s'étaient tenues à La Défense Arena. Les spectateurs découvrent donc pour la première fois de grandes finales en bassin dans cet équipement, à quelques centaines de mètres du Stade de France.
Ce qu'il reste à suivre jusqu'à dimanche
Les championnats d'Europe se terminent dimanche 16 août. Il reste des finales individuelles et surtout des relais, terrain sur lequel l'équipe de France est aujourd'hui l'une des plus solides du continent — et le seul endroit, pour l'instant, où Grousset a trouvé de l'or cette semaine.
Si vous suivez la suite, regardez moins le classement que le passage aux 50 mètres et le temps du dernier quart de course : c'est ce deuxième chiffre qui dira si le Français a corrigé le point faible apparu jeudi. Les prochains mondiaux arrivent en 2027, les Jeux de Los Angeles en 2028. D'ici là, ce sont ces vingt-deux centièmes qu'il devra aller chercher.
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