David a renoncé à l'héritage, pas à la maison de Sylvie Vartan
Écarté de la succession de son père en 2020, David Hallyday détient pourtant depuis 2002 la moitié d'une villa du 16e arrondissement devenue l'une des adresses les plus chères de Paris.
Depuis un acte signé devant notaire en 2002, David Hallyday détient la moitié de la maison de Sylvie Vartan, une bâtisse de 400 m² posée sur 600 m² de jardin, derrière les grilles de la villa Montmorency, dans le 16e arrondissement de Paris. Sa mère possède l'autre moitié et y habite toujours. Lui n'y vit pas : il en est simplement copropriétaire, sur le papier, depuis vingt-quatre ans.
Le chiffre qui raconte le mieux cette histoire est celui de 2002. Au moment de la donation, le bien était évalué à 3,05 millions d'euros. Aujourd'hui, les agences spécialisées situent le mètre carré de l'enclave entre 25 000 et plus de 46 000 euros selon l'état et l'emplacement. Pour 400 m² habitables avec jardin, on arrive à une fourchette qui va de dix à près de vingt millions d'euros.
Et c'est là que le dossier devient intéressant. En 2020, David Hallyday a renoncé à la succession de son père. Ni bien, ni argent, ni part de catalogue. Le seul patrimoine immobilier familial qu'il ait conservé lui est arrivé bien avant, et par sa mère. Il fête ses 60 ans ce 14 août.
Une maison achetée en 1974, jamais remise en vente
Johnny Hallyday et Sylvie Vartan achètent la villa en 1974, en plein âge d'or du couple. Le divorce est prononcé en 1980, après dix-huit ans de vie commune. La maison, elle, ne bouge pas. La chanteuse y est restée près d'un demi-siècle, entre deux séjours dans sa résidence de Beverly Hills, où elle vit avec son mari Tony Scotti. Enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants s'y retrouvent encore.
Ce que vaut aujourd'hui la maison de Sylvie Vartan
La villa Montmorency n'est pas un quartier, c'est un domaine fermé, avec ses allées privées, ses arbres centenaires et ses grilles gardées. Isabelle Adjani, Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, Céline Dion ou Arnaud Lagardère y ont eu une adresse. Selon Paris Ouest Sotheby's, certaines maisons y ont changé de mains autour de 25 millions d'euros. Les transactions étant rarissimes, toute estimation reste théorique tant qu'aucune vente n'a lieu.
Comment la part de Johnny est revenue à leur fils
Le transfert ne s'est pas fait d'un coup, ni au moment du divorce. Il s'est étalé sur vingt-deux ans, en deux temps, et il a laissé derrière lui une petite polémique de presse.
1980 : la nue-propriété d'abord
Selon les documents cités par la presse, David reçoit très tôt la nue-propriété de la maison familiale, mais pas l'usufruit. Traduction : il est propriétaire des murs sans avoir le droit d'y habiter ni d'en tirer des revenus. C'est une construction classique en droit français, souvent utilisée pour transmettre tôt tout en gardant la main.
2002 : la signature qui verrouille tout
Le 20 mars 2002, Johnny Hallyday formalise chez le notaire la donation de ses 50 % à son fils. L'acte est libellé comme une donation en avancement de part héréditaire, c'est-à-dire une avance sur l'héritage à venir, destinée à être prise en compte au moment du règlement de la succession.
La version de Sylvie Vartan, discutée
La chanteuse a toujours affirmé n'avoir rien voulu pour elle-même et avoir orienté cette part vers leur fils.
C'est moi, et moi seule, qui ai voulu gratifier notre fils.
Cette lecture a été contestée : un document daté du 5 novembre 1980, exhumé par Closer, mentionnait une pension de 20 000 francs par mois versée après le divorce. Les faits patrimoniaux, eux, ne sont pas contestés.
Pourquoi le contraste avec l'héritage Hallyday saute aux yeux
Johnny meurt en décembre 2017. Son testament, rédigé aux États-Unis, attribue l'essentiel à Laeticia et à leurs filles Jade et Joy. Laura Smet et David contestent, au nom de la réserve héréditaire française. Un accord signé le 3 juillet 2020 met fin à la bataille : selon franceinfo, David renonce à la succession et ne réclame rien, refusant d'endosser une dette fiscale évaluée à environ 30 millions d'euros. Laeticia conserve Saint-Barth, Los Angeles et Marnes-la-Coquette.
Ce que ce dossier apprend sur l'indivision
Cette situation, des dizaines de milliers de familles françaises la connaissent à plus petite échelle : un bien détenu à deux, occupé par un seul. Quelques repères utiles.
- En indivision, aucun copropriétaire ne peut vendre seul le bien entier ; il peut en revanche céder sa quote-part.
- Une donation faite en avancement de part successorale est en principe rapportée au moment du règlement de la succession du donateur.
- Renoncer à une succession n'oblige pas mécaniquement à restituer ce qui a été donné du vivant, dans les limites fixées par le code civil.
- Nue-propriété et usufruit peuvent rester séparés pendant des décennies, comme ici entre 1980 et 2002.
À surveiller désormais : le jour où cette maison changera de statut. Tant que Sylvie Vartan y vit, rien ne bouge. Si vous êtes vous-même en indivision familiale, le vrai réflexe n'est pas d'attendre : demandez à un notaire un état écrit des parts, des donations déjà consenties et de leur qualification. C'est cette ligne-là, écrite vingt ans plus tôt, qui décide de tout.
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