220 000 évacués, et une collecte de fournitures scolaires

À Saint-Nazaire, deux écoles rassemblent cartables et cahiers pour les enfants girondins dont la maison a brûlé cet été — et elles ne sont pas les seules en France.

220 000 évacués, et une collecte de fournitures scolaires

Deux écoles de Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique, ont lancé une collecte de fournitures scolaires pour les enfants de Gironde dont la maison a brûlé cet été. Cahiers, stylos, cartables, mais aussi livres et jeux éducatifs : tout doit partir vers les familles sinistrées de la presqu'île du Cap-Ferret et des communes voisines, à plus de 300 kilomètres de là. L'initiative a été racontée par France 3 Pays de la Loire.

Un chiffre suffit à mesurer le contexte : 220 000 personnes ont été évacuées en Gironde pendant l'incendie de juillet, la plus vaste évacuation organisée en France depuis la Seconde Guerre mondiale. Le feu, parti le 22 juillet dans le massif landais, a parcouru plus de 32 000 hectares dans ce seul département et détruit plus de 240 bâtiments selon les bilans publiés ensuite, dont une large part sur la commune du Porge.

Pour les familles concernées, septembre arrive très vite. Quand la maison part en fumée, le cartable, la trousse, la tenue de sport et les manuels partent avec — au milieu des papiers d'identité, des vêtements et parfois de la voiture. C'est précisément ce trou que ces collectes essaient de boucher, à un moment de l'année où le budget des ménages est déjà tendu.

Ce que le feu a laissé derrière lui

L'incendie a touché une longue liste de communes : la presqu'île du Cap-Ferret, Le Porge, Lacanau, Lanton, Saumos, Marcheprime, Mios, Biganos, Le Barp, Cestas, avant de déborder dans les Landes vers Biscarrosse et Parentis-en-Born, où 40 000 personnes ont dû partir à leur tour. Aucun civil n'a été tué, mais des dizaines de sapeurs-pompiers ont été blessés. Le sinistre a été déclaré fixé au début du mois d'août.

Pour situer : le grand incendie de 1949 dans les Landes avait parcouru environ 52 000 hectares et coûté la vie à 82 personnes. Celui de 2026 reste en dessous en surface, mais il a frappé un littoral bien plus urbanisé, en pleine saison touristique. D'où des évacuations sans équivalent récent, et un nombre de familles délogées que les associations découvrent encore.

Une directrice qui était sur place quand ça a brûlé

Le déclic nazairien est personnel. La directrice de l'école Saint-Gohard — un établissement privé du centre-ville qui accueille environ 195 élèves, de la maternelle au CM2 — se trouvait chez ses parents à Cestas, au sud-ouest de Bordeaux, au moment où l'incendie s'est déclaré. La Gironde n'était donc pas, pour elle, une carte à la télévision. Une seconde école de la ville s'est associée à l'opération.

« Si on peut donner un coup de pouce, on le fait »

La formule, rapportée par France 3 Pays de la Loire, dit bien l'échelle du projet : pas de grande organisation humanitaire, pas de campagne nationale, juste deux équipes enseignantes qui rassemblent ce qu'elles peuvent avant la rentrée.

Une collecte de fournitures scolaires, mode d'emploi

Les organisateurs demandent du matériel neuf ou en très bon état. Un enfant qui a tout perdu n'a pas besoin d'un cahier déjà à moitié rempli. D'une ville à l'autre, les listes se ressemblent beaucoup.

Ce dont les familles ont vraiment besoin

  • Cartables, sacs à dos et sacs de sport
  • Trousses complètes : stylos, crayons de couleur, feutres, règle, colle
  • Cahiers, classeurs, pochettes, agendas
  • Livres de lecture et jeux éducatifs pour les plus jeunes
  • Tenues de sport, dans des tailles variées

Ce qui encombre plus que ça n'aide

Matériel abîmé, manuels périmés, vêtements sales : chaque collecte finit par trier, stocker et parfois jeter. Le tri coûte des heures de bénévolat, le transport coûte de l'argent. Mieux vaut donner peu et utile. En cas d'hésitation, une seule question tranche : est-ce que je le donnerais à mon propre enfant pour sa rentrée ?

Où déposer, et avant quelle date

Les points de dépôt sont annoncés commune par commune, souvent en mairie, dans les écoles participantes ou chez les associations. Les délais sont serrés, car les camions doivent partir avant la rentrée. À Morestel, en Isère, la collecte s'est tenue le samedi 15 août et le véhicule chargé de stylos, de feutres et de classeurs prenait la route de Bordeaux le mercredi suivant.

220 000 évacués, et une collecte de fournitures scolaires

Partout en France, les cartables s'entassent

La mobilisation dépasse largement la Loire-Atlantique. En Isère, le Secours catholique et l'association Les couleurs de la solidarité étaient derrière la collecte de Morestel. Toujours en Nord-Isère, une cagnotte en ligne de l'association Village Solidaire a réuni près de 5 000 euros. En Mayenne, Laval puis Évron ont ouvert des points de dépôt. La Normandie s'y était mise dès l'évacuation, et la fédération girondine du Secours populaire mène sa propre collecte sur place.

Crayons ou virement : que vaut-il mieux donner ?

Le matériel a un mérite évident : il est visible, immédiat, et il implique les enfants d'ici. L'argent en a un autre : les associations achètent en gros, exactement ce qui manque, au dernier moment. Une rentrée d'écolier tourne autour de 150 euros de fournitures et de sac ; les 5 000 euros de la cagnotte iséroise couvrent donc, en ordre de grandeur, une trentaine d'enfants. Les deux gestes se complètent. L'essentiel est de passer par une structure identifiée, pas par un inconnu sur les réseaux.

Ce qui attend ces enfants début septembre

Le vrai test, c'est la rentrée. Des familles sinistrées seront relogées loin de leur commune d'origine : nouvelle inscription, nouveau trajet, nouveaux camarades. L'allocation de rentrée scolaire, versée à la mi-août, absorbe une partie de la facture, pas le remplacement d'une chambre entière ni d'une bibliothèque familiale.

Si vous voulez aider, appelez d'abord votre mairie ou l'école la plus proche pour savoir ce qui manque encore, donnez du neuf, et respectez la date de départ du camion : un cartable qui arrive le 20 septembre ne sert plus à grand-chose. Et si vous êtes vous-même sinistré, signalez-vous à la mairie et à l'établissement scolaire — inscriptions tardives et demandes de fournitures se traitent au cas par cas.